Fatigue post-partum, thyroïde et surrénales


Le post-partum correspond à la période postnatale, soit celle qui commence quand vous avez votre bébé dans les bras!






Ce moment demande autant d’attention que la grossesse, sinon plus. La maman a besoin de repos et de support pour prendre soin d’elle et de son bébé dans le but de bien se remettre de son accouchement. Les premières semaines sont donc cruciales pour la récupération.

Il est bien important de rester à l’écoute de son corps et de laisser de côté la performance.


Fatigue Post-partum

La fatigue suite à un accouchement est un phénomène commun et normal, car la maman n’a pas toutes les heures de sommeil qu’elle souhaiterait. Cependant ce n’est pas normal si cela persiste au-delà de plusieurs mois et s’il y a un état de dépression associé.

Voici des causes possibles d’une fatigue chronique suite à un accouchement :

  • Une dépression post-partum

  • Un débalancement de la thyroïde

  • Un dérèglement de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien induit par le stress chronique

  • De l’anémie

  • La présence d’une infection (viral, bactérien ou fongique)


Le suivi médical est donc très important pour obtenir un diagnostic de toute pathologie présente.


La naturopathie, quant à elle, peut s’avérer particulièrement utile pour soutenir la thyroïde et les glandes surrénales durant cette période grâce à une alimentation adaptée, des outils de gestion de stress, des plantes et des nutriments ciblés.


Les troubles de la thyroïde après l’accouchement

Les troubles de la thyroïde sont fréquents après un accouchement et peuvent facilement passer inaperçus dans l’effervescence de la naissance. Le débalancement le plus fréquent est la thyroïdite auto-immune, aussi appelé thyroïdite d’Hashimoto. [1]


La thyroïdite d’Hashimoto peut amener la nouvelle maman à avoir des symptômes

d’hyperfonctionnement de la thyroïde (palpitations cardiaques, souffle court, transpiration excessive, nervosité, irritabilité, selles fréquentes, perte de poids inexpliquée, insomnie…) durant une période de un à quatre mois avant de ressentir des symptômes d’hypofonctionnement de la thyroïde (fatigue, frilosité, constipation, prise de poids inexpliquée, perte de cheveux, crampes musculaires ou douleurs articulaires, sécheresse de la peau, anxiété, dépression, diminution du lait maternel…).

Par conséquent, environ la moitié des femmes auront une hypothyroïdie permanente par la suite. (1)


Il est important de faire les tests appropriés auprès de votre médecin, plus précisément l’analyse sanguine complète de la thyroïde incluant la TSH, T3L, T4L, reverse T3 et surtout l’analyse des anticorps contre la thyroïde; anti-thyroperoxydase (anti-TPO) et anti-thyroglobuline.


Notons qu’il est possible d’avoir un taux de TSH dans les normes médicales, mais d’avoir d’autres paramètres en dehors des normes, d’où l’importance de demander une analyse complète de la thyroïde. S’il y a un trouble auto-immun, les anticorps seront plus élevés. [2]

Suite au diagnostic de votre médecin, il pourra vous prescrire le traitement approprié.


En complément, la naturopathie pourra vous aider à soutenir le processus naturel de la thyroïde.


Comment soutenir la thyroïde en cas de thyroïdite auto-immune?

Il est important de supporter l’intégrité de la muqueuse intestinale. Une hyperperméabilité intestinale contribue au développement de trouble auto-immun.

Une alimentation saine et adaptée à vous est nécessaire.

Voici quelques recommandations de base pour l’alimentation :

  • Avoir une source de protéine à chaque repas pour aider à balancer votre sucre sanguin

  • Avoir environ 7 portions de légumes/j et 2 portions de fruits/j, préférablement des petits fruits riches en bioflavonoïdes

  • Consommer de bons gras (avocat, poissons sauvages, huile d’olive, noix et graines)

  • Éviter les aliments raffinés, le sucre, l’alcool et le café

  • Éviter les aliments qui ne vous conviennent pas ou qui ne conviennent pas à votre bébé (hypersensibilités alimentaires, intolérances, allergies)


Il est préférable d’éviter le gluten. Le gluten peut être une protéine pro inflammatoire pour certaines personnes et peut favoriser le processus auto-immun contre la thyroïde.


Le sélénium et les acides gras essentiels ont un rôle préventif dans le développement de la thyroïdite auto-immune post-partum en aidant à diminuer l’inflammation.[3]

Le sélénium protège les cellules de la thyroïde des dommages oxydatifs. Il aide à diminuer les anticorps de la thyroïde et il est un nutriment important dans la production des hormones thyroïdiennes. La dose recommandée est de 200mcg/j. [4]


N’oubliez pas vos glandes surrénales!

Il faut savoir que la santé de la thyroïde est étroitement connectée à la santé des surrénales.


Les surrénales sont deux glandes endocrines situées au-dessus des reins qui sécrètent des hormones dont le cortisol, une hormone anti-inflammatoire qui répond au stress et qui régule le système immunitaire, qui intervient dans la régulation de notre sucre sanguin et notre rythme circadien.

Un excès ou une diminution du cortisol peut être associé à un niveau plus élevé d’inflammation.

Par conséquent, l’inflammation va aggraver les troubles auto-immuns. Il est donc bien important de soutenir les glandes surrénales en cas de grandes périodes de stress ou s'il y a un débalancement de la thyroïde.


Pour soutenir les surrénales de la nouvelle maman, il est important de se reposer le plus possible, de trouver un état de calme physique et mental, de reprendre doucement l’exercice six semaines après l’accouchement et d’avoir une bonne alimentation.


Je recommande de dormir quand le bébé dort pour récupérer le plus possible.

Différentes d’activités physiques sont possibles pour les mamans : le yoga maman-bébé, le cardio-poussette, les cours de piscine avec bébé et plusieurs autres cours en groupe postnatal.


Certains suppléments peuvent aussi aider à supporter les surrénales. C’est le cas des vitamines B, de la vitamine C, du magnésium ainsi que les plantes adaptogènes entre autres.


Consultez votre naturopathe pour trouver ce qui convient le mieux à votre santé et ce qui est compatible avec l’allaitement si c’est le cas.



[1] Gerstein HC. How common is postpartum thyroiditis? A methodologic overview of the literature. Arch Intern Med 1990; 150:1397. [2] Di Bari F1, Granese R2, Le Donne M2, Vita R1, Benvenga S. Autoimmune Abnormalities of Postpartum Thyroid Diseases. Front Endocrinol (Lausanne). 2017 Jul 13;8:166. doi: 10.3389/fendo.2017.00166. eCollection 2017. [3] Tingi E1, Syed AA2,3, Kyriacou A4,5, Mastorakos G6, Kyriacou A2,5. Benign thyroid disease in pregnancy: A state of the art review.J Clin Transl Endocrinol. 2016 Nov 23;6:37-49. doi: 10.1016/j.jcte.2016.11.001. eCollection 2016 Dec. [4] Negro R1, Greco G, Mangieri T, Pezzarossa A, Dazzi D, Hassan H. The influence of selenium supplementation on postpartum thyroid status in pregnant women with thyroid peroxidase autoantibodies. J Clin Endocrinol Metab. 2007 Apr;92(4):1263-8. Epub 2007 Feb 6.